Pour une PME qui compare Zapier vs Make, le verdict est net : choisir Zapier pour une automatisation simple et linéaire (une action par step, le plus large choix d'app), choisir Make pour un workflow avancé, multi-branches, où chaque opération coûte un crédit.
Zapier et Make : deux histoires, deux façons de penser l'automatisation
Zapier et Make occupent la même place dans une PME : relier des applications web qui ne se parlent pas, sans écrire de code. Le match Make vs Zapier oppose donc deux outils d'automatisation au même objectif, et savoir lequel choisir dépend moins du logiciel que des besoins de l'entreprise : nombre de tâches à automatiser, complexité des processus, compétences de l'équipe. Zapier naît en 2011 aux États-Unis avec une idée fixe, rendre l'automatisation accessible à n'importe quel salarié. Son unité de base s'appelle le Zap : un déclencheur (un nouveau contact dans un formulaire, un e-mail reçu, une ligne ajoutée dans Google Sheets), puis une ou plusieurs actions exécutées dans l'ordre. L'éditeur se lit de haut en bas, comme une recette.
Make vient d'une autre culture. La plateforme s'appelait Integromat, un outil tchèque racheté par Celonis, puis renommé en 2022 : l'histoire de ce passage d'Integromat à Make explique pourquoi tant d'agences connaissent encore l'ancien nom. Son unité de base s'appelle le scénario, dessiné sur un canevas où chaque module apparaît comme une bulle reliée aux autres. Un scénario peut se ramifier, boucler sur une liste, agréger des listes et gérer ses propres erreurs.
Cette différence de conception explique presque tout le reste du comparatif. Zapier optimise le temps de prise en main : un utilisateur qui découvre l'outil publie souvent son premier Zap en quelques minutes, guidé à chaque step. Make optimise la puissance par crédit dépensé : la courbe d'apprentissage (la fameuse learning curve des comparatifs anglophones) se révèle plus raide, mais un même scénario remplace parfois trois ou quatre automatisations Zapier. Les deux plateformes d'automatisation ont depuis ajouté des agents IA, des tables de données et un serveur MCP, sans changer cette philosophie d'origine.
Le comparatif critère par critère
Zapier et Make se départagent sur six critères qui pèsent vraiment dans la décision d'une PME : la prise en main, la logique des workflows, la facturation à l'usage, le catalogue d'intégrations, l'hébergement des données et le support. Le tableau donne le verdict sur chacun, d'après la documentation et les grilles publiques des deux éditeurs consultées en octobre 2026.
| Critère | Zapier | Make | Avantage |
|---|---|---|---|
| Prise en main | Éditeur linéaire, assistant qui propose chaque step | Canevas visuel en glisser-déposer, plus de notions à apprendre | Zapier |
| Workflows complexes | Paths et Filter, boucles possibles mais vite lourdes | Routeurs, itérateurs, agrégateurs, gestion d'erreur native | Make |
| Unité facturée | La task : chaque action réussie, le déclencheur exclu | Le crédit : chaque module exécuté, déclencheur compris | Make au gros volume |
| Plan gratuit | 100 tasks par mois, Zaps à deux étapes seulement | 1 000 crédits par mois, scénarios multi-étapes | Make |
| Catalogue d'intégrations | Le plus large du marché, outils de niche compris | Plus restreint, modules souvent plus profonds, module HTTP pour toute API | Zapier |
| Hébergement des données | Infrastructure aux États-Unis | Zone européenne ou américaine, au choix à l'ouverture du compte | Make |
| Agents IA | Zapier Agents, facturés en activités hors du pool de tasks | AI Agents intégrés aux scénarios, consommation en crédits | Égalité |
Le décompte final penche vers Make sur le papier, mais les critères ne pèsent pas tous autant. Pour une équipe sans profil technique, la prise en main compte souvent plus que tout le reste : une plateforme puissante que personne n'ose ouvrir n'automatise rien. À l'inverse, une PME qui traite des milliers de commandes ou de leads par mois verra la facture Zapier grimper beaucoup plus vite que celle de Make, à workflow identique.
Comment chaque outil facture : la task contre le crédit
La facturation de Zapier et celle de Make reposent sur deux unités qui ne se comparent pas directement, et c'est la première source d'erreur des PME qui choisissent d'après la grille tarifaire. Les deux éditeurs vendent des paliers mensuels d'usage ; la question utile porte sur le nombre d'unités qu'un workflow donné consomme chez chacun.
Zapier compte des tasks
Zapier facture la task : une unité consommée chaque fois que la plateforme termine une action avec succès. La page tarifaire de Zapier précise que le déclencheur, le polling et les outils intégrés (Filter, Paths, Formatter, Delay, Looping, Storage, Tables, Forms) ne consomment rien. Une action en échec ne compte pas non plus. En revanche, un step Code by Zapier ou AI by Zapier compte, et un appel d'outil par le serveur MCP de Zapier coûte deux tasks. Le plan gratuit offre 100 tasks par mois et limite chaque Zap à un déclencheur suivi d'une seule action ; les Zaps multi-step demandent un plan payant (Professional, Team ou Enterprise).
Make compte des crédits
Make a remplacé le mot opération par le crédit le 27 août 2025, sans changer la logique de base : la plupart des modules exécutés consomment un crédit, qu'il s'agisse de lire, chercher, créer, mettre à jour, transformer ou agréger des données. Le déclencheur compte aussi, ce qui change le calcul pour un scénario planifié qui interroge souvent une application. Les routeurs et les modules de gestion d'erreur ne consomment rien, et certaines fonctions d'IA passant par le fournisseur IA de Make en consomment davantage. Le plan Free donne 1 000 crédits par mois ; viennent ensuite les plans Core, Pro, Teams et Enterprise.
Un exemple chiffré sur un workflow courant
Prenons un workflow de PME très répandu : un formulaire de contact du site déclenche la création du lead dans HubSpot, un message dans Slack à l'équipe commerciale et une ligne dans un Google Sheet de suivi. Le calcul suppose 300 demandes par mois et un déclencheur instantané par webhook.
| Élément | Zapier | Make |
|---|---|---|
| Déclencheur (formulaire) | 0 task | 1 crédit |
| Création du contact dans le CRM | 1 task | 1 crédit |
| Message Slack | 1 task | 1 crédit |
| Ligne Google Sheets | 1 task | 1 crédit |
| Total pour 300 demandes par mois | 900 tasks | 1 200 crédits |
À nombre de demandes égal, Make consomme ici plus d'unités que Zapier, parce que son déclencheur compte. L'écart de prix vient d'ailleurs : à palier comparable, Make vend généralement beaucoup plus de crédits que Zapier ne vend de tasks, si bien que la facture mensuelle reste souvent plus basse chez Make. Le calcul s'inverse dès qu'un scénario Make interroge une application toutes les minutes sans rien trouver : chaque vérification consomme alors un crédit. La bonne méthode consiste à compter les étapes de ses trois workflows les plus fréquents, à multiplier par le volume réel, puis à comparer les paliers en vigueur le jour de l'achat.
Construire un workflow : l'éditeur linéaire de Zapier face au canevas de Make
L'éditeur de Zapier et celui de Make traduisent deux idées opposées de ce que doit voir l'utilisateur pendant qu'il construit une automatisation. Zapier montre une liste ; Make montre une carte.
Le Zap, une suite d'étapes en ligne droite
Un Zap se construit step par step, de haut en bas. Zapier propose l'application, l'événement déclencheur, puis demande d'associer les champs de l'étape précédente à ceux de l'action suivante. Pour aiguiller les informations, l'outil propose Filter (le Zap s'arrête si une condition n'est pas remplie) et Paths (jusqu'à plusieurs branches selon des règles). Formatter transforme les dates, les montants et les textes sans code. Depuis l'arrivée de Canvas, Zapier permet aussi de dessiner un processus entier avant de le transformer en Zaps, et Interfaces sert à créer des formulaires ou de petits portails internes reliés aux automatisations. L'ensemble reste lisible par n'importe quel membre de la team, ce qui facilite la reprise d'un Zap créé par un collègue parti.
Le scénario Make, un graphe de modules
Un scénario Make se dessine sur un canevas en glisser-déposer (le drag and drop que vantent les comparatifs anglophones). Chaque module représente une opération ; un routeur ouvre plusieurs branches, un itérateur découpe une liste en éléments traités un par un, un agrégateur les rassemble à la fin. Chaque liaison peut porter un filtre et chaque module son propre gestionnaire d'erreur (ignorer, reprendre, annuler, valider). Le scenario builder affiche aussi, après chaque exécution, les valeurs exactes entrées et sorties de chaque bulle : un avantage décisif pour déboguer une automatisation complexe. Make Grid, enfin, offre une vue d'ensemble de tous les scénarios, applications et agents d'un compte, utile quand le parc d'automatisations dépasse quelques dizaines de workflows.
Pour une transformation de données lourde (nettoyer un export, dédoublonner des contacts, recalculer une remise selon plusieurs conditions), Make évite d'empiler les automatisations. Pour un enchaînement simple de trois actions, l'éditeur de Zapier reste plus rapide à monter et plus facile à transmettre.
Intégrations et API : un catalogue large ou des modules plus profonds
Le catalogue d'intégrations reste l'argument historique de Zapier : la plateforme revendique le plus grand nombre d'applications connectées du marché, des géants (Google, Microsoft, Salesforce, HubSpot, Slack) jusqu'aux logiciels de niche d'un seul secteur. Quand un éditeur de SaaS français lance son connecteur, il le publie très souvent sur Zapier en premier. Pour une PME qui utilise une app métier peu connue, cette largeur décide parfois à elle seule du choix. Grâce à ce catalogue, une automatisation entre deux applications du top des usages professionnels se monte presque toujours sans aucune connaissance technique.
Make couvre moins d'applications, mais ses modules exposent souvent davantage de fonctions de l'API de chaque logiciel : recherche avancée, mise à jour partielle, appels groupés. Surtout, son module HTTP permet d'appeler n'importe quelle API REST en quelques réglages, avec authentification OAuth, en-têtes et pagination. Une équipe à l'aise avec la documentation d'une API ne se trouve donc presque jamais bloquée par l'absence d'un connecteur officiel. Zapier propose l'équivalent avec Webhooks by Zapier et les steps Code (JavaScript ou Python), mais ces briques demandent un niveau technique plus élevé et ne sont pas incluses dans tous les plans.
Avant de trancher, la vérification la plus utile consiste à lister les cinq logiciels au cœur de l'activité (CRM, facturation, e-commerce, messagerie, tableur) et à ouvrir la page de chacun sur les deux plateformes, en regardant les déclencheurs et les actions disponibles, pas seulement la présence du logo. Le panorama des logiciels de gestion pour TPE et PME donne une bonne base pour dresser cette liste.
Migration, RGPD et facturation : les hésitations avant de trancher entre Zapier et Make
Peut-on passer de Zapier à Make sans tout reconstruire ?
Non, aucune passerelle officielle ne convertit un Zap en scénario Make : chaque automatisation se reconstruit à la main. La reconstruction prend toutefois peu de temps pour un Zap simple, et elle sert souvent d'occasion pour regrouper plusieurs Zaps en un seul scénario. Mieux vaut migrer par lots, en laissant tourner l'ancien Zap jusqu'à validation du scénario.
Quel outil respecte le mieux le RGPD ?
Make offre l'avantage le plus concret : à l'ouverture du compte, l'entreprise choisit une zone d'hébergement européenne ou américaine. Zapier traite les données aux États-Unis et s'appuie sur les clauses contractuelles et le cadre transatlantique. Dans les deux cas, la PME reste responsable du registre de traitement et du contrat de sous-traitance à signer avec l'éditeur.
Quelle plateforme coûte le moins cher pour une petite entreprise ?
Make revient presque toujours moins cher à volume moyen ou élevé, car ses paliers contiennent beaucoup plus de crédits. Pour quelques automatisations à deux étapes, le plan gratuit de Zapier suffit parfois, et le surcoût d'un plan payant se justifie par le temps gagné à la configuration.
Comment automatiser des workflows complexes sans développeur ?
Make se prête le mieux aux workflows complexes sans développeur, grâce aux routeurs, itérateurs et gestionnaires d'erreur visibles sur le canevas. Zapier y parvient avec Paths et Looping, mais un Zap très ramifié devient difficile à lire et à maintenir.
Agents IA, MCP et nouvelles briques : où en sont les deux plateformes en 2026
Zapier et Make ont tous deux ajouté une couche d'intelligence artificielle à leur automate de base, avec deux approches de facturation différentes. Zapier Agents permet de confier à un agent une mission décrite en langage naturel (qualifier un lead entrant, rédiger une réponse au support, enrichir une fiche contact), avec accès aux applications connectées du compte. D'après la grille de Zapier consultée en octobre 2026, les agents se facturent en activités, une unité distincte qui n'entame pas le pool de tasks, et le plan gratuit en inclut 400 par mois. Zapier fournit aussi un serveur MCP : un assistant IA compatible peut ainsi déclencher les actions de milliers d'applications, chaque appel d'outil consommant deux tasks.
Make intègre ses AI Agents directement dans les scénarios : un agent devient une étape qui raisonne, choisit un outil et renvoie un résultat au module suivant. La consommation passe par les crédits, avec un surcoût pour les fonctions qui s'appuient sur le fournisseur IA de Make. Make propose également son propre serveur MCP, qui expose les scénarios d'un compte comme des outils appelables par un assistant.
Pour une PME, l'agent IA ne remplace pas le workflow déterministe : un agent convient aux tâches de jugement (trier, résumer, rédiger un premier jet), un Zap ou un scénario aux tâches répétitives qui doivent produire toujours le même résultat. Les cas les plus solides combinent les deux, l'agent qualifiant le message et l'automatisation classique exécutant la suite. La liste des tâches répétitives qui se prêtent à l'automatisation aide à repérer ce qui relève de l'un ou de l'autre.
Quel outil pour quel profil d'entreprise ?
Zapier et Make ne visent pas exactement le même utilisateur, et le profil de l'équipe qui maintiendra les automatisations compte davantage que la taille de l'entreprise. Un exemple suffit à le montrer : deux entreprises de vingt salariés peuvent avoir des besoins d'automatisation opposés, l'une avec quelques tâches linéaires, l'autre avec des processus avancés qui touchent la production, la facturation et le service client. Le bon outil d'automatisation se choisit donc grâce à trois questions : quelles tâches automatiser, à quelle fréquence, et qui saura modifier l'automatisation dans un an.
TPE, indépendant ou petite équipe sans profil technique
Zapier s'impose pour une petite structure qui veut automatiser cinq ou six tâches simples (facture envoyée, contact ajouté, rappel planifié) sans y passer ses soirées. L'assistant guide chaque étape, la documentation et le help center couvrent la plupart des cas, et la communauté propose des modèles prêts à l'emploi. Le surcoût par task reste supportable tant que le nombre d'exécutions mensuelles reste modeste.
PME avec un responsable des opérations ou un profil ops
Make devient le meilleur choix dès qu'une personne de l'équipe accepte de passer quelques heures à apprendre la logique des scénarios. Synchronisation entre e-commerce et logiciel de gestion, traitement de commandes en lot, relances clients selon plusieurs conditions : ces workflows à fort volume coûtent nettement moins cher sur Make, et le canevas les rend plus lisibles qu'une série de Zaps.
Agence ou intégrateur qui gère plusieurs clients
Make convient bien aux agences : les organisations et équipes séparent les clients, les scénarios se dupliquent et s'exportent en modèles, et la facture suit la consommation réelle. Le site détaille d'ailleurs l'usage d'Integromat pour gérer les clients d'une agence, un fonctionnement que Make a conservé.
Équipe commerciale centrée sur le CRM
Zapier garde l'avantage pour une équipe commerciale qui jongle entre Salesforce ou HubSpot, LinkedIn, un outil d'e-mailing et une messagerie : la largeur du catalogue évite de bricoler un connecteur pour chaque nouvelle app de prospection. Le plan Team ajoute le partage des automatisations et des connexions entre collègues.
Trois processus d'entreprise passés au crible de Zapier et de Make
Zapier et Make se départagent le plus clairement sur des processus concrets, parce qu'un même besoin d'automatisation se traduit par une construction très différente dans chaque outil. Les trois exemples ci-dessous décrivent des tâches que la plupart des PME cherchent à automatiser en priorité ; ils indiquent la logique de construction, pas une consommation mesurée chez un client.
Relancer les devis non signés
La relance des devis illustre le cas d'une automatisation presque linéaire. Le besoin : sept jours après l'envoi d'un devis resté sans réponse, envoyer un e-mail de relance et créer une tâche pour le commercial dans le CRM. Sur Zapier, un déclencheur planifié, un filtre sur le statut du devis, une action d'e-mail et une action de création de tâche suffisent ; l'enchaînement linéaire se lit d'un coup d'œil et se modifie en quelques minutes. Sur Make, le scénario ressemble beaucoup, avec un itérateur qui traite la liste des devis en attente un par un. L'avantage revient à Zapier pour la rapidité de mise en place, à Make dès que le nombre de devis à relancer chaque semaine devient important. Dans les deux cas, ce type d'automatisation reste à la portée d'un utilisateur sans compétence technique, et le gain de temps pour l'entreprise se voit dès le premier mois.
Accueillir un nouveau salarié
L'arrivée d'un nouveau salarié montre l'intérêt d'une logique plus avancée. Le processus touche plusieurs logiciels : création du compte de messagerie, ajout au canal Slack de l'équipe, envoi des documents à signer, ouverture des accès selon le poste, rappel au manager la veille de l'arrivée. Les accès varient selon le service : un commercial reçoit le CRM, un comptable le logiciel de facturation, un développeur les logiciels techniques. Sur Make, un routeur ouvre une branche par profil, et chaque branche porte ses propres actions ; tout le processus tient dans un seul scénario lisible sur le canevas. Sur Zapier, Paths offre la même possibilité, mais l'automatisation complète s'étale vite sur plusieurs écrans. Pour ce besoin à multiples branches, Make garde l'avantage, surtout si les ressources humaines souhaitent ajouter de nouvelles options au fil des mois.
Envoyer les commandes e-commerce vers la comptabilité
Les commandes d'une boutique en ligne représentent le cas typique d'une automatisation à forte fréquence. Chaque commande contient plusieurs lignes de produits, à transformer en écritures pour le logiciel comptable, avec une règle différente selon le taux de TVA ou le pays de livraison. Sur Make, un itérateur découpe la commande, un agrégateur reconstitue l'écriture, et un gestionnaire d'erreur met de côté les commandes incomplètes pour un traitement manuel. Sur Zapier, la même logique passe par Looping et Formatter, avec une consommation de tasks qui grimpe à chaque ligne de produit. Pour un business qui traite des dizaines de commandes par jour, Make reste en tête, à la fois pour la facture et pour la lisibilité du processus.
Ces trois exemples résument la règle de décision : plus le processus est linéaire et peu fréquent, plus Zapier s'impose ; plus il comporte de branches, de listes à parcourir et d'exécutions, plus Make devient rentable. Une entreprise peut aussi faire cohabiter les deux plateformes, Zapier pour les automatisations rapides des équipes métier, Make pour les processus avancés pilotés par un responsable des opérations. Cette option double les abonnements mais laisse chaque équipe travailler avec la plateforme qui correspond à son niveau. Pour aller au-delà de ces cas, le panorama des outils d'automatisation les plus efficaces situe Zapier et Make parmi leurs concurrents.
Limites et pièges de chaque solution
Zapier a un point faible principal, le coût de l'automatisation à grande échelle, et deux limites secondaires que les PME découvrent souvent après quelques mois. La première tient à la facture : un workflow multi-étapes qui tourne sur des centaines d'événements par jour fait grimper le nombre de tasks plus vite que prévu, et le passage au palier supérieur arrive sans prévenir. La deuxième tient à la complexité : au-delà de quelques branches, un Zap devient difficile à relire, et la logique se disperse entre plusieurs automatisations reliées. La troisième tient aux données : l'hébergement américain impose un examen juridique pour les données sensibles.
Make a d'autres faiblesses. Le canevas désoriente les débutants, et une erreur de configuration d'un itérateur peut multiplier la consommation de crédits en une seule exécution. Un déclencheur planifié réglé trop souvent consomme des crédits même quand il ne trouve rien. Le catalogue plus étroit oblige parfois à passer par le module HTTP et la documentation de l'API, ce qui demande un minimum d'aisance technique. Le support, enfin, répond surtout par écrit et en anglais sur les plans d'entrée de gamme, comme chez Zapier.
Dans les deux cas, le piège commun reste la dépendance : des dizaines d'automatisations construites sans documentation deviennent une boîte noire le jour où leur auteur quitte l'entreprise. Nommer chaque Zap ou scénario par sa fonction, noter qui en est responsable et activer les alertes d'erreur par e-mail évitent la plupart des mauvaises surprises. Microsoft Power Automate, n8n (open source, auto-hébergeable) et d'autres alternatives existent, mais elles posent les mêmes questions de gouvernance.
Tester Zapier et Make en une semaine, sur un vrai workflow
Le test côte à côte de Zapier et Make sur un même workflow de l'entreprise tranche plus sûrement que n'importe quel comparatif. Les deux plans gratuits suffisent pour cette étape, à condition de choisir un processus réel et de le mesurer.
- Choisir un workflow fréquent et facile à vérifier, par exemple la transmission d'un nouveau contact du formulaire du site vers le CRM et la messagerie de l'équipe.
- Le construire sur Zapier, chronomètre en main, puis sur Make, en notant le temps passé et les blocages rencontrés.
- Faire tourner les deux versions pendant quelques jours sur des données de test, et relever le nombre de tasks et de crédits consommés.
- Demander à un collègue qui n'a rien construit de modifier une étape : la facilité de reprise compte autant que la vitesse de création.
- Multiplier la consommation mesurée par le volume mensuel attendu, puis comparer avec les paliers publiés le jour du test.
Un exemple de grille d'évaluation aide à garder un jugement objectif pendant le test. Pour chaque plateforme, noter de un à cinq la rapidité de construction, la clarté de l'automatisation une fois terminée, la possibilité de gérer une exception (un champ vide, un doublon, une application indisponible), la qualité des messages d'erreur et la facilité à automatiser une variante du même processus. Ajouter une ligne pour les besoins propres à l'entreprise : connecteur indispensable, hébergement européen, partage entre collègues. Une automatisation linéaire favorise presque toujours Zapier sur cette grille ; une automatisation avancée, avec plusieurs branches et des listes à parcourir, fait souvent gagner Make grâce à son canevas. Le résultat vaut pour l'entreprise qui l'a mesuré, pas pour toutes : c'est tout l'intérêt du test.
Ce test répond aux deux questions qui décident vraiment : qui, dans l'équipe, maintiendra les automatisations, et combien d'unités elles consommeront chaque mois. Les premiers pas de l'automatisation avec Zapier donnent des idées de workflows à tester en priorité, et le blog de Make publie de nombreux modèles de scénarios prêts à importer.



